Mahjong
 

Le jeu du Mahjong

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L'histoire du jeu

Mah-Jong, jeu élaboré et complexe, n'a pu naître en un seul jour. Aussi est-il le noble descendant d'une longue suite de jeux chinois où se côtoient les dés, les dominos et les cartes.

Il nous faut remonter assez loin dans l'histoire de la Chine pour retrouver cette « généalogie ».

Une légende chinoise révèle « qu'au commencement de la dynastie des Tang (618-906), les livres étaient écrits sous forme de rouleaux. A cette forme peu pratique fut substitué l'usage de feuilles volantes attachées ensemble. Certains de ces livres, ayant trait aux dés divinatoires, étaient constamment consultés en cours de jeu. L'habitude fut prise, par commodité, de détacher les feuilles et de s'en servir directement à la place des dés (ancêtres possibles des tarots européens). Ces Yeh tzu, ou feuilles, se transformèrent en cartes et connurent un vif essor ».

Dans le « Kuei-t'ien-lu », rédigé au XIème siècle par un célèbre historien chinois, il est mentionné que les cartes à jouer (Yeh Tzu Ko) sont apparues au milieu de l'ère Tang (c'est-à-dire aux VIIème-VIIIème siècles). Elles devaient leur origine au fait que les faces des dés furent transcrites sur des petites feuilles. (On sait que les dés, déjà connus des égyptiens et des sumériens, furent introduits très tôt en Chine, sans doute par l'Inde).

Deux siècles environ s'écoulèrent avant que soit promulgué, à l'époque de Kao Tsung (1127-1163) un édit impérial fixant la forme et la nature d'un jeu connu depuis sous le nom de « T'in Kau » (« Ciels des Neuf ») qui est l'ancêtre du jeu sur des cartes (P'ai), réparties en deux séries, dont les joueurs vont pouvoir disposer à leur guise pour constituer certaines combinaisons.

Deux autres types de cartes apparaîtront ensuite, les unes dérivées des échecs chinois (« les cartes échecs »), les autres inspirées des symboles monétaires. Ce sont ces dernières qui nous intéressent principalement. Moins anciennes que les cartes issues des dés, ces « cartes monétaires » remonteraient au XIVème siècle voire au-delà. Plusieurs sources doivent être citées :

A l'époque Song (960-1276) le nom de Yeh Tzu aurait été donné à l'argent volant ou billets de banque, déjà connu semble-t-il sous les Tang, et dont T'ai Tsu (960-976) aurait réintroduit l'usage.

Dans un texte ancien, le « Ch'ing-p'ai ch'ao », est décrit sous le nom de « Ma-tiao » un jeu qui ressemble tout à fait au jeu de cartes monétaires. On y parle également d'un certain Yang tan'ien qui aurait rédigé à l'époque Song un ouvrage portant le titre de « Ma-tiao ching ».

Dans une encyclopédie publiée en 1678 (Ching Tse Tung) il est expliqué que les Yeh Tzu sont un genre très ancien de cartes à jouer semblables à la monnaie Song.

Toujours est-il que les cartes monétaires ont été vraisemblablement imitées des billets de banque chinois dont elles ont emprunté les symboles picturaux traduisant leur valeur. Ces jeux de cartes monétaires (ou « jeux des sapèques ») comportaient 3 ou 4 séries comprenant chacune 9 cartes (quadruplées par la suite).

  • la série des Sapèques représentait des billets d'une valeur de 100 à 900 sapèques,

  • la série des Cordons: 10,000 à 90,000 sapèques,

  • celle des Myriades: 100,000 à 900,000 sapèques,

  • (une carte supplémentaire, le « Vieux Mille » valant 1,000 Myriades).

  • Les cartes monétaires (ou « Kwan P'ai », ou « Ma-Tséuk ») sont les véritables prédécesseurs du Mah-Jong.

    Parmi les différentes formes de Kwan P'ai qui se succédèrent, le « Chung Fa P'ai » provenant de Ningpo, dans la province de Tche-Kiang, est le premier jeu des sapèques connu sous l'aspect de petites tablettes d'os doublées de bambou. Il daterait de la deuxième moitié du XIXème siècle. C'est sous le nom de « Ma ch'iau P'ai » qu'il remporta un grand succès. Il fut joué tout d'abord par les classes instruites de Pékin, Changhaï, Hankéou, pour se répandre ensuite dans toute la Chine vers 1910.

    Il aurait été introduit pour la première fois dans la colonie internationale de Changhaï et de là aurait gagné les U.S.A., le Japon et enfin l'Europe (toutefois certains marchands et marins occidentaux l'auraient déjà connu dès le début du XXème siècle.

    En France, il apparaît dans les années 20 sous plusieurs appellations telles que « Lung Chan », « Pung-Chow », et enfin « Mah-Jong ».

    Le Mah-Jong est donc la forme aboutie de la conjonction de plusieurs jeux, son aspect est emprunté aux dominos, ses représentations et symboles aux cartes monétaires, son principe étant commun à tous les jeux de cartes dérivés des dés, des échecs et des sapèques.

    Le Mah-Jong a subi en Chine de nombreuses fluctuations. Interdit pendant la révolution culturelle où tous les jeux d'argent avaient été prohibés, il est actuellement toléré mais non encouragé depuis la mort de Mao Tsé-Tung.

    Si le Mah-Jong garde en Chine des allures clandestines, il n'en est pas de même dans le reste du monde où le nombre de ses adeptes a augmenté sensiblement ces dernières années comme nous pouvons le constater en France où il connaît un renouveau sans précédent.

    Extrait de l'excellent recueil de P. Berger et J.M. Etienne :
    LE MAH-JONG , aux éditions Chiron (Algo).

     

    Le symbolisme des tuiles

Dans son ouvrage intitulé « Sparrow : the chinese game called Ma ch'iau », M. Li Yu Sang considère que ceux qui furent à l'origine du Mah-Jong devaient être des familiers d'anciens textes classiques chinois comme « le livre des transformations » (ou Yi-King) et « les Annales de la Guerre » (Wu Ch'i Ching).

Selon lui, le Mah-Jong serait dérivé de la philosophie chinoise concernant l'univers telle qu'elle est exposée dans le Yi-King et dont le « carré du Mah-Jong » serait la représentation symbolique. Il est dit dans le « livre des transformations » que l'origine de l'univers est le T'ai chi (ou « Grand Commencement », « le Tout ultime », « l'Absolu »).Mais pour être fécond, le T'ai chi doit se sacrifier en se dédoublant car « à partir de ce qui est parfait rien n'advient ». Le « Grand Commencement » a donc engendré le ciel et la terre.

Toutes choses devenant alors possibles car « entre le ciel et la terre sont toutes les choses » (Wan Wu). Et de toutes les choses il advient également l'homme (Jen) ainsi que tous les évènements humains incluant ceux du présent. La naissance procède de l'univers et la vie est une conséquence de la naissance, une manifestation du « Grand Commencement ». Faisant suite au T'ai chi, il y eu donc les 3 Extrêmes, le Ciel, la Terre, l'Homme. En accord avec l'éternelle harmonie des choses, il est dit que le ciel se manifeste par 4 saisons, le terre par les 4 régions (ou directions), et l'homme par 4 transformations (la vie, la mort, l'homme, la femme). L'essence du Mah-Jong se retrouverait dans le « Carré du Mah-Jong » approximativement nommé aussi « la Représentation des Idées », lui-même inspiré « des Annales de la Guerre » qui contiendraient une description des 8 Formations tactiques fondamentales.

De ces 8 formations découleraient toutes les autres représentées par un carré de 8 x 8 = 64 (issu du jeu d'encerclement ou Wei ch'i (GO); lire à ce sujet l'intéressant chapitre « le GO en Chine » dans « le GO aux sources de l'avenir » de Pascal Reysset, éd. Chiron).

Ce Carré serait illustré par des nuages (répartis aux 4 coins), par des vents, puis des balances du ciel, des roues et des axes (au centre).

Les Roues et les Axes représentant les symboles des activités humaines et, en tant que telles, sont assujetties à celles du Ciel et de la Terre.

Transposées dans « le Carré du Mah-Jong » les Nombres se substituent aux Balances du Ciel, les Nuages deviennent les Saisons et les Fleurs. (car d'après les textes anciens la destinée de l'homme pouvait être révélée par la science des nombres ou Numérologie).

En ce qui concerne le jeu de Mah-Jong proprement dit, son nom correct, toujours selon M. Li Yu Sang, est le Ma ch'iau P'ai:
- Ma signifiant mélangé, embrouillé
- ch'iau: l'oiseau
- P'ai: plaquette, carte
Ma ch'iau signifiant l'oiseau aux couleurs mélangées : le moineau.
En Chine le moineau est considéré comme l'oiseau de l'intelligence.
C'était, pour certains diseurs de bonne aventure, le guide, l'agent visible de l'invisible.
A travers les centaines de dialectes chinois locaux, beaucoup d'autres noms sont possibles néanmoins: chacun ayant sa prononciation particulière du mot.

Les 144* tuiles, exceptées 4, sont colorées en rouge, bleu ou violet, et vert.
(* 144 est le chiffre de l'organisation terrestre)

Les tuiles sont fabriquées de 2 matières où le bambou symbolise l'intégrité et la loyauté, l'os ou l'ivoire la force.
Les deux évoquent les vertus que l'on doit posséder, l'esprit du jeu qu'aucun joueur ne doit ignorer.
Voici à présent comment M. Li Yu Sang présente et nomme les différentes sortes de tuiles :

En Occident l'usage a privilégié le nom des dessins figurant sur les Tuiles au détriment de leur signification.
A l'origine PONG, KONG, CHOW, se disaient Yi p'ing ou P'ing, Yi kang ou Kang, Yi ch'i ou Ch'i.
Le « Carré intérieur » (Mont intouchable) : représente la portion du monde, humaine, terrestre ou divine, qui est regardée comme sacrée, inviolable et éternelle comme « le Grand Commencement ».
C'est le début et la fin de chaque partie, l'endroit à partir duquel chaque partie commence et auquel toutes retournent.
Si le fait de faire Mah-Jong en piochant une Tuile sur le Mur comptait double* par rapport à celui obtenu par un écart, c'était parce que « ce qui advient naturellement et par lui-même sans l'intervention de l'homme est providentiel et sacré ».
(* ce que l'on retrouve dans « Pêcher la Lune au fond de la Mer »).
Cette interprétation séduidante bien que difficilement vérifiable nous a paru intéressante à mentionner car elle rend compte de la dimension spécifique de ce jeu où l'imaginaire se marie à la tradition.
Et puis comment ne pas être fasciné par le « Carré symbolique du Mah-Jong » et l'équilibre si harmonieux de sa disposition ?


 

      

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